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18
nov

Mesdames et messieurs,

     DSCI1553 C’est avec un grand regret que je vous envoie ces quelques mots, pour m’excusez de ne pas pouvoir être avec vous pendant ces trois jours à Marseille. Trois jours, de rencontres, de réflexions, de présentation des réalités économiques de nos pays respectifs. Je pense que c’est à travers ce genre de forum, que nous pouvons réellement nouer des contacts et nous rapprocher de vous  frères et sœurs de la diaspora. Aujourd’hui dans nos pays, nous ne pouvons pas attirer des investisseurs étrangers sans attirer nos propres investisseurs de l’étranger. Nous savons tous que la relation diaspora-pays d’origine est capitale non seulement pour le pays d’origine mais aussi pour le migrant lui-même qui s’épanouira mieux dans son pays d’accueil.

Aujourd’hui nous devons faire face à la réalité et voir que le modèle de partenariat tel que conçu depuis la première vague de migrants (1ére génération) contribue certes à maintenir une vie plus décente aux familles restées au pays, mais ne permet pas de canaliser cet apport financier considérable vers des projets de développement, vers des projets économiques générateurs de revenus et d’emplois. L’Afrique en général et les Comores en particulier n’a pas besoin d’assistance, mais a besoin de votre savoir faire, a besoin de votre capacité financière, a besoin de votre double culture.

Malgré tout ce qu’on peut entendre sur les problèmes économiques que traverse notre pays, paradoxalement c’est le moment de faire des affaires. En effet depuis trois années maintenant il existe aux Comores des outils et des structures d’accompagnement de l’investisseur en général. La chambre de commerce d’industrie et d’agriculture de Ngazidja en collaboration avec la chambre de commerce franco-comorienne disposent aujourd’hui d’une large gamme de service d’accompagnement de l’investisseur issu de la diaspora. Beaucoup d’efforts ont été réalisés et même si on n’est pas encore arrivé au bout on est sur la bonne voie

En effet nous avons un nouveau code des investissements très attractif pour l’investisseur. Désormais il peut bénéficier d’une exonération des taxes douanières, ou encore une exonération des taxes telles que l’Impôt sur les Bénéfices Divers.

 Il existe depuis deux ans l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Investissement. C’est un guichet unique pour toutes les procédures pour obtenir les dispositions stipulées dans le code des investissements.

La chambre de commerce est revenue au secteur privé avec des élections qui se sont déroulées en Décembre 2007.

Nous avons aujourd’hui quatre banques commerciales (BIC, BDC, Exim Bank et Banque Fédérale des Comores)

Ouverture du marché dans la téléphonie mobile, projet sur la fibre optique, priorisation de la mise aux normes de nos infrastructures routière, énergétique, portuaire…

Néanmoins beaucoup reste à faire. Nous le secteur privé avons besoin d’une entière coopération avec l’Etat. Nous devons encore créer un cadre approprié pour mener un dialogue franc constructif et permanent. Ce dialogue est nécessaire et primordial. Il nous faut plus de visibilité et de lisibilité de  l’environnement global des affaires. Nous demandons une implication plus grande du secteur privé dans les dossiers qui ont un impact sur l’économie, la mise en place rapide de l’office de passation des marchés publics, une fiscalité plus adaptée, une énergie moins chère, une nouvelle politique du crédit à l’investissement…

Aujourd’hui l’économie comorienne est principalement dominée par le commerce, dans l’importation des produits divers pour les revendre sur place. La pêche qui regorge de potentialités énormes, est toujours artisanale. Le tourisme est dans l’attente de gros investissements dans ce secteur pour la clientèle riche des pays arabes. Mais la niche du tourisme de proximité est quasiment inexistante. Un marché qui prendra de l’essor après la construction des grands hôtels aujourd’hui en chantier. La petite industrie de transformation n’existe pas.

Bref le challenge est là. Aux Comores tout est à faire et c’est le moment d’investir. Dans dix ans il sera peut être un peu tard.

Au nom de la Chambre de Commerce d’Industrie et d’Agriculture de Ngazidja, je vous invite tous  aux journées de la diaspora au mois de Juillet 2010. Vous aurez plus d’information sur cet événement à partir du mois de Janvier 2010 à travers la chambre franco-comorienne.

En vous priant encore une fois de m’excuser, je vous souhaite un bon forum.

 Fahmy THABIT

Président de la Chambre de Commerce d’Industrie et d’Agriculture de Ngazidja


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